Le danger serait de croire au destin. De penser que le chemin est tracé d'avance et que l'obscurité continuera quoi que je fasse. Ne plus ressentir l'espoir d'un jour nouveau. J'ai souvent l'impression de porter malheur. Souvent l'impression que les gens autour de moi finissent par partir, tôt ou tard. Abandon, maladie, suicide ou simple liens éphémères, ils s'en vont les uns après les autres. S'attacher à quelqu'un devient de plus en plus complexe. J'ai souvent l'impression qu'un mur invisible me sépare des autres. Un mur qui se construit au fur et à mesure des départs, et du temps qui passe. Je deviens encore plus silencieuse, et j'observe. Je fuis la solitude, pourtant elle m'emplit totalement. Je fais semblant. Je m'entoure de corps, de bruits et de rires afin d'étouffer ma peur du noir. Je crée un personnage, je me surprend à l'apprécier. J'arrive à être « heureuse » . Pas comme avant non, en réalité j'ai l'impression que « avant » n'a même pas existé.